REVUE DE PRESSE



Première greffe cœur-foie au Québec
Presse canadienne
MONTRÉAL - Un quinquagé­naire de la région de Québec, Patrice Dionne, a été sauvé in extremis d'une mort certaine lorsqu'il est devenu la première personne au Québec à subir une transplantation simultanée du cœur et du foie.

L’opération a été réalisée au Cen­tre universitaire de santé McGill (CDSM) le 14 avril dernier et, 10 jours plus tard, M. Dionne a pu quitter l'hôpital; un homme neuf. Lors d'une rencontre avec les mé­dias, hier, l'homme de 54 ans n'a pas caché sa joie de pouvoir célébrer la fête des Pères avec ses trois fils.
« Si je serai avec mes enfants à la fête des Pères, c'est dû princi­palement à une personne, une fa­mille extraordinaire qui a signé sa carte de don d'organes», a avoué M. Dionne.
Patrice Dionne souffrait d'une malformation cardiaque congéni­tale qui a emporté son père et son frère. Il était en attente d'un cœur depuis trois ans mais, durant ce temps, son foie s'était détérioré au point où il était devenu impossible d'espérer qu'il survive à une transplantation cardiaque sans que son foie ne soit également remplacé.
L’Institut de cardiologie de Qué­bec, qui suivait M. Dionne, a donc décidé de l'envoyer au CUSM en raison de son expertise unique au Québec dans le domaine de la transplantation multiple, et le pa­tient a eu la chance inespérée d'obtenir un cœur et un foie pro­venant du même donneur.
L’opération de M. Dionne a né­cessité une équipe de 15 méde­cins, chirurgiens et autres profes­sionnels de la santé.
Selon les spécialistes, ce genre d'intervention est à ce point rare que la meilleure technique de greffe combinée n'a pas encore été déterminée. « Je me suis dit je vais me battre, au bout, pour mes enfants, pour ma famille, puis après ça j'aimerais ça que ça puisse servir à d'autres person­nes», a déclaré M. Dionne.
Ce dernier était mourant dans les semaines précédant sa greffe, selon ses médecins, et incapable de marcher plus de cinq mètres ou de monter des escaliers. La se­maine dernière, il a été capable de marcher 10 kilomètres en une seule journée et peut maintenant monter les escaliers au pas de course. «ll y a deux mois, M. Dionne était 'mourant. Je vais être franche avec vous, la dernière fois qu’on l'a vu dans la clinique avant sa greffe, j'étais découragée. Je ne pensais pas qu’il allait passer au travers», a reconnu la Dre. Nadia Giannetti, directrice médicale du programme de déficience et de transplantation cardiaques du CUSM.
M. Dionne veut consacrer du temps à sensibiliser la population au don d'organes et à la nécessité de signifier son consentement à ses proches et par écrit. (Je suis certain que tout le monde voudrait donner ses organes), a-t-il souligné, mais on ne pense pas à signer sa carte d’assurance-maladie (lorsqu’on n’est pas concerné)

Le Soleil du 08/09/2006


Première médicale Une valve aortique «bio» implantée
Des médecins de l'Institut de cardiologie de Montréal ont implanté une valve aortique à une patiente, le 6 décembre dernier, sans lui ouvrir la cage thoracique. L'opération constitue une première en Amérique du Nord, et s'est avérée un succès pour la dame de 64 ans.
Cette dernière ne pouvait subir de chirurgie cardiaque traditionnelle, en raison de problèmes pulmonaires. Les experts n'ont donc pas eu recours à une valve mécanique comme d'habitude, mais plutôt à une valve de type biologique qui se déploie elle-même après son implantation par cathéter.
L'opération, qui nécessite tout de même une anesthésie générale, consiste à introduire la valve aortique biologique via l'artère fémorale. « Nous sommes évidemment ravis du résultat de cette première intervention avec cette bioprothèse d'autant plus qu'il s'agissait de la seule option envisageable compte tenu de l'historique médical de la patiente », a indiqué le Dr Raoul Bonan, cardiologue hémodynamicien à l'ICM. « Cette procédure permet d'apporter une solution radicale à son problème cardiaque et d'améliorer sa condition, restreinte par son incapacité pulmonaire. »
Cette implantation percutanée, expérimentale aujourd'hui, pourrait devenir régulière dans 4 ou 5 ans pour les personnes âgées dont la santé est fragile. (Radio-Canada nouvelles)




Le cœur portable de type Novacor
Extrait tiré d'Assistance ventriculaire gauche type Novacor: particularités de la prise en charge du patient. D. Duveau. Clinique Chirurgicale Thoracique, Cardiaque et Vasculaire, Hôpital Guillaume & René Laënnec, Nantes

Conçu dès 1973 par le docteur Peer Portner de l'Université de Stanford, le Novacor est un ventricule gauche d'assistance mécanique conçu pour proposer une assistance circulatoire de longue durée tout en permettant au patient un retour à une vie quasi normale. La première version, dépendante d'une volumineuse console de gestion, a, depuis plusieurs années, cédé la place à un modèle dit «portable» relié par un câble transcutané à un contrôleur et des batteries qui se portent soit à la ceinture, soit en bandoulière.

Le Novacor est une pompe moteur implantable compacte, efficace, destinée à fournir un support temporaire comme traitement des dysfonctions myocardiques réversibles ou en attente d'une transplantation cardiaque. Le moteur est un convecteur d'énergie solénoïde animant deux plateaux dont le rapprochement écrase un réservoir à sang de type sac. Le ventricule implantable comprend la pompe intégrée et son moteur, les valves biologiques d'entrée et de sortie, ainsi que les tubes de dacron connectés l'un à la pointe du ventricule gauche en ce qui concerne l'admission du sang dans le ventricule artificiel, l'autre à l'aorte ascendante pour l'éjection du sang issu du ventricule artificiel. Enfin, une ligne percutanée contenant l'alimentation électrique et transmettant les données informatiques de fonctionnement du moteur et de la pompe, permet le raccordement du dispositif à une unité de gestion appelée contrôleur. Le Novacor fonctionne en parfaite harmonie avec le cœur natif.

La philosophie même du Novacor est de permettre une assistance ventriculaire gauche de longue durée en attente d'une transplantation ou dans certains cas spécifiques et pour l'instant très limités et qui restent à évaluer, en vue d'un sevrage. La technologie du Novacor permet d'envisager un support hémodynamique de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Un patient en Allemagne sera bientôt depuis trois ans sous un tel dispositif. Ceci explique que l'objectif de l'implantation d'une telle machine chez un patient en insuffisance cardiaque terminale, consiste non seulement à l'amener à la transplantation dans des conditions optimales alors que sa situation devient incontrôlable et que le greffon n'est pas disponible, mais également à lui fournir une réadaptation maximale permettant d'envisager la transplantation dans des conditions tout à fait électives. C'est dans ce sens qu'un protocole de mise à domicile ou en centre de réadaptation adéquat peut être envisagé lorsque le patient a retrouvé une autonomie et qu'on a pu l'éduquer, lui et son entourage, à la prise en charge du contrôleur et des batteries. Un dispositif d'autocontrôle à domicile accompagne le patient qui reste bien entendu en relation permanente avec le centre implanteur. Il s'agit là incontestablement d'une approche nouvelle et prometteuse de la prise en charge de l'insuffisance cardiaque terminale.

source : Article de D. Duveau




Un record pour la plus jeune greffée cardiaque au Québec (JdeM)

—Geneviève Brisson a fêté, cette semaine, le 15e anniversaire de sa greffe cardiaque. Le premier bébé québécois à avoir subi une telle greffe établit ainsi une nouvelle marque qui a de quoi réjouir toute sa petite famille et le monde médical.

Je réalise la chance que j'ai d'être en vie. Avant, je ne comprenais pas que j'avais frôlé la mort », dit l'adolescente en entrevue au domicile familial, à Calixa-Lavallée, près de Montréal.

Le 20 novembre 1987, alors qu'elle n'avait que trois mois, elle est devenue le premier bébé québécois et le dixième au monde à recevoir un nouveau cœur.

La pratique encore expérimentale à l'époque avait été réalisée à l'Hôpital universitaire Loma Linda, de Los Angeles, par le docteur Leonard Bailey Parmi la dizaine de bambins greffés à l'époque au moins quatre sont aujourd'hui décédés.

«Chaque jour, elle écrit une page d'histoire », dit fièrement sa mère, Anne-Marie Gagnon.

Récupération d'un an

La fillette avait dû récupérer pendant près d'un an en Californie avant qu'elle ne puisse regagner le foyer familial. Aujourd'hui, il ne faut souvent que quelques semaines aux poupons transplantés pour regagner la maison.

Son histoire avait soulevé une vague de sympathie aux quatre coins du Québec puisqu'elle est venue à 48 heures près de la mort. Aujourd'hui, elle ne garde aucune séquelle physique importante même si elle doit continuer de prendre des médicaments anti-rejet.

Projets

«C'est sûr que, quand je cours, c'est plus difficile et je m'essouffle plus vite mais ce n'est pas grave dit-elle en soutenant que la plupart de ses proches ne pourraient même pas dire qu'elle est greffée si elle n'en parlait pas ouvertement.

La jeune femme, qui étudie au Collège Saint-Paul, de Varennes, compte d'ailleurs participer l'an prochain aux Jeux mondiaux pour greffés. «Je ne sais pas encore dans quelle discipline, mais je vais sûrement réussir. »

Une source d'inspiration pour d'autres malades ? «Si vous voulez, mais le fait d'avoir frôlé la mort me rend aujourd'hui plus forte et prête à affronter la vie. »

La survie de Geneviève : fait avancer la science

(JdeM) —La spectaculaire survie de Geneviève Brisson a permis de faire avancer grandement la recherche sur les transplantations cardiaques chez les bébés et de donner la chance à des enfants comme le petit Émile Jutras d'être greffés ici même au Québec.

Les médecins de l'Hôpital de Montréal pour enfants suivent d'ailleurs régulièrement le développement de la jeune femme. Dans les mois qui ont suivi sa greffe, des dizaines de médecins des quatre coins du monde ont rencontré son sauveur, le Dr Leonard Bailey pour s'enquérir des méthodes de greffe cardiaque.

«Le plus difficile, ce n'était pas l'opération en tant que telle, mais de pouvoir gérer avec le nouveau cœur », raconte la mère de Geneviève, Anne-Marie Gagnon.

À l’époque, les médecins québécois refusaient de faire l'opération, ne disposant pas de l'expérience et du matériel nécessaire.

Petit Émile ~;

La petite famille a d'ailleurs suivi avec intérêt l'histoire du petit Émile Jutras, deux ans, qui a reçu un nouveau cœur en juillet. ~

«Ça a été extraordinaire qu'on puisse lui trouver un cœur », dit Anne-Marie Gagnon. «I1 a été fort », dit pour sa part Geneviève.





Faire de tous les citoyens des donneurs potentiels

Marie Caouette
Le Soleil
Québec

Le Québec et le Canada régleraient leur problème de manque dramatique de donneurs d'organes s'ils faisaient comme l'Espagne, où tous les citoyens sont des donneurs potentiels.

Cela fait 634 jours que George Marcello, un quadragénaire torontois qui est dans la région de Québec ces jours-ci, use ses semelles sur les routes du Canada pour convaincre la population et les gouvernements d'adopter un système similaire à celui de l'Espagne. Là-bas, on ne connaît pas le problème du manque d'organes à greffer.

Marcello a été greffé in extremis,à Toronto, il y a six ans. Il attendait un foie depuis un an. Un jour d'attente de plus et il mourait. Le jeune Québécois Kaven Bouchard, qui a reçu un cœur le mois dernier, à l'hôpital Laval, était rendu à huit mois d'attente. La situation de l'adolescent s'aggravait : il ne pouvait plus faire aucun effort lorsque la chance a, enfin, tourné en sa faveur.

La cardiologue de Kaven, la Dre Marie-Hélène Leblanc, applaudit la croisade entreprise par le marcheur ontarien. « Ce serait excellent (de renverser la vapeur). On manque de donneurs et les listes s'allongent », rappelle ce médecin qui s'occupe de transplantation depuis 10 ans.

D'autres sont moins chanceux que Kaven ou George : 51 personnes sont décédées au Québec en 2001, pendant qu'elles attendaient une transplantation d'organes. Trente pour cent des candidats à une greffe décèdent après avoir été inscrits sur la liste des receveurs potentiels. « Quant on les met sur la liste, c'est qu'il leur reste environ un an à vivre », selon la Dre Leblanc. « Ils attendent de plus en plus longtemps, ils sont de plus en plus malades. On leur administre les meilleurs médicaments, mais quand ceux-ci ne font plus effet, il n'y a plus rien à faire... »

L'an dernier, Québec-Transplant a fourni 440 organes provenant de 136 personnes, mais il est resté près de 1000 personnes (936) en attente d'un rein, d'un foie, d'un cœur, de poumons ou d'un pancréas... Au Québec, le nombre de donneurs référés à Québec-Transplant régresse depuis deux ans ; de 342 en 1999, on est passé à 287 en 2001 ; plus d'une centaine de donneurs potentiels ont été écartés pour une foule de raisons ; dans une quarantaine de cas, parce que la famille refusait.

Le Canada a l'un des plus bas taux de dons d'organes parmi les pays industrialisés. « Une honte, il faut changer ça », dit le Torontois, qui a entrepris sa longue marche en juin 2000. Depuis sa greffe de foie, George Marcello a décidé de faire sa part pour changer les choses : ce crazy Ontarian, comme il se décrit lui-même, tente de rencontrer le plus de monde possible et de les renseigner sur les failles du système actuel qui mène trop de receveurs en attente au bord du désespoir.

George Marcello estime qu'il faudrait adapter le système espagnol et créer un registre des donneurs à partir des banques de données gouvernementales, ne serait-ce que pour éviter des prélèvements sur des personnes qui ne le souhaitent pas. Trop souvent, dans le régime actuel, les familles en deuil et en état de choc ne sont pas en mesure de prendre la décision de faire le don d'organes. La méthode espagnole permettrait aussi de contourner les hésitations de plusieurs citoyens qui, tout en souhaitant être utiles, ne se décident pas à signer la fameuse formule d'autorisation. M. Marcello souligne qu'il n'y a pas d'âge limite pour faire un don : les organes d'un octogénaire pourraient encore servir à améliorer la qualité de vie d'un autre être humain.

Le marcheur souhaite aussi une modification du régime de confidentialité qui règne en matière de transplantation d'organes. « Même pour une seule visite », la famille du donneur et le receveur peuvent avoir le goût de se rencontrer, dit-il. C'est son cas. « Je sens que j'ai une famille élargie que je ne connais pas. »

Il espère convaincre le premier ministre Jean Chrétien, qu'il rencontrera le mois prochain, du bien-fondé de cette approche qui rallierait déjà, dit-il, bon nombre de députés de la majorité libérale. Si ça ne marche pas, George Marcello est disposé à reprendre la route pour faire signer une pétition !

Signalons enfin que cette longue marche de 12 000 kilomètres a fait de M. Marcello une vedette ; il a rencontré le pape à Rome, lors d'un court intermède entre deux provinces, et il prévoit aussi des visites à la reine d'Angleterre, au premier ministre d'Australie et à l'ex-président d'Afrique du Sud, Nelson Mandela.






La fin des greffes cardiaques ?
Des chirurgiens américains de l’hôpital de Louisville dans le Kentucky viennent d’implanter avec succès un cœur totalement artificiel dans la poitrine d’un patient présentant une défaillance cardiaque sans espoir de récupération.

Dénommée AbioCor, la prothèse est digne d’un roman de science fiction. Constitué de titane et plastique, à peine plus grosse qu’un cœur normal, de la taille d’un petit melon, elle est constituée de deux ventricules - droit et gauche - reliés à une batterie implantée dans le thorax qui permet au malade de jouir d’une liberté de mouvement totale. Via des signaux électriques passant à travers la peau, la batterie est rechargée par un appareil de la taille d’un petit baladeur fixé à la ceinture.

Ce petit « bijou » technologique est le dernier né d’une série de cœurs artificiels, objet de toutes les convoitises face au manque cruel de dons d’organes : aux Etats-Unis par exemple, sur 100 000 américains ayant besoin chaque année d’une transplantation cardiaque, 2 000 seulement reçoivent une greffe de cœur.

La longue aventure des cœurs artificiels remonte à 1982 avec la pose du premier Jarvik (du nom de son inventeur) par le Dr C de Vries. Constitué de deux ventricules, le système fonctionnait grâce à un compresseur externe, de la taille d’un poste de télévision, relié au patient par des tuyaux traversant sa poitrine. Seul hic : l’encombrement du système.

L’innovation est ensuite venue de la mise au point de demi-cœurs, remplaçant uniquement le ventricule gauche (celui qui est le plus touché dans les insuffisances cardiaques). C’est en France, qu’il a été posé pour la première fois dans le service du professeur Daniel Loisance, à Henri Mondor. Le relais a ensuite été pris par les « Arrow », demi-cœurs fonctionnant avec une batterie interne d’une autonomie de 30 minutes, donnant ainsi une certaine liberté au malade. Pionnier, le Pr Iradj Ganjbakch à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière (Paris) fut le premier à implanter ce type de système, l’année dernière.

Contrairement aux « Arrow », le nouveau cœur artificiel, AbioCor est formé de deux ventricules, ce qui permet au malade de ne plus être tributaire de son ventricule droit, qui fonctionne plus ou moins bien. Aboutissement de près de 30 années de recherche et d’énormes investissements, l’appareil est facturé à 100 000 dollars par la société Abiomed. Non encore commercialisé, il devrait être testé sur cinq autres patients dont la vie est menacée. De fait, des progrès restent à faire. Composé de matériaux étrangers à l’organisme, AbioCor n’est pas bio-compatible avec le sang et risque d’induire des accidents vasculaires comme des thromboses.

Inconvénients que cherche à résoudre actuellement la société française Matra Hautes Technologies qui travaille avec le Pr Carpentier (Hôpital Européen Georges Pompidou) sur un projet concurrent de cœur artificiel à deux ventricules. Recouverte d’une membrane assurant une meilleure compatibilité sanguine, la nouvelle prothèse devrait voir le jour d’ici à trois quatre ans. Reste qu’en dépit de ces avancées majeures visant à miniaturiser les systèmes de cœurs artificiels une question clé demeure : l’être humain peut-il vivre sous la dépendance d’une machine sans avoir de sérieux problèmes psychologiques ? Tel Dark Vador, le héros de la Guerre des Etoiles … Pas si sûr ! (Source: Medisite.fr)





Le sang artificiel va bientôt couler à flot...

Le sang artificiel permettant des transfusions à risque zéro pourrait devenir réalité dans les deux ans à venir.

Le sang artificiel permettant des transfusions à risque zéro pourrait devenir réalité dans les deux ans à venir. Le programme de développement est en phase terminale selon les experts scientifiques américains.

Bien entendu, ce substitut ne remplacera jamais totalement le sang véritable, mais il sauvera certainement de nombreuses vies. Etant universellement compatible, il suppléera à l'absence de donneur dans les cas d'urgence ou pour les groupes sanguins rares.

Les problèmes d'approvisionnement dans les petites structures hospitalières ou dans les services d'urgence ne seront plus qu'un mauvais souvenir. Et le sang des donneurs humains sera plus facilement disponible là où il est vraiment nécessaire.

De la même manière, il sera plus facile aux unités mobiles de disposer de stocks de plasma artificiel pour une transfusion le temps d'emmener le patient à l'hôpital.

Bien entendu, des tests doivent encore être effectués avant la commercialisation de ce sang blanc de substitution. Car si les risques d'infection par des facteurs viraux sont nuls, il existe encore des risques de rejet par l'organisme.

Le sang artificiel est en effet constitué soit à partir d'hémoglobine modifiée soit à partir d'éléments synthétiques. Et dans plusieurs cas une augmentation anormale de la pression sanguine a pu être observée. Les médecins doivent encore résoudre ce problème avant de permettre une utilisation effective du substitut sanguin.

(Source : Los Angeles Times).





Sylvain, le survivant

Après une douloureuse attente de neuf mois, Sylvain Bédard, un jeune père de famille de 33 ans, de Longueuil, profite enfin de son cœur tout neuf. Et ses quatre garçons sont d'autant plus impressionnés que papa s'en va aux Jeux mondiaux des greffés, au Japon, en septembre.

Il fera de la course, le lancement des poids et les compétitions de badminton.

Sylvain Bédard a eu sa transplantation cardiaque à l'Institut de cardiologie de Montréal, en juillet dernier.

Sa femme, Marie, et lui ne l'espéraient plus et les médecins avaient commencé à lui parler du cœur mécanique, tellement son état se détériorait.

Lorsqu'on est un jeune père de quatre garçons, Salomon, un an et demi, Auguste, quatre ans, Isaac, cinq ans, et Léonard, huit ans—on ne veut surtout pas lâcher le combat.

"Je suis fier d'avoir gagné cette seconde vie. Aujourd'hui, je regarde mes fils et Dieu que je suis content", raconte avec émotion Sylvain Bédard.

Ce technicien à l'emploi du Monument National et directeur des tournées du Théâtre sans Fil, artisan bien connu du monde du théâtre montréalais, savait depuis l'âge de 13 ans qu'un jour il aurait besoin d'une greffe cardiaque.

Sa sœur est morte à 18 ans d'une crise cardiaque. Tout comme elle, Sylvain souffrait d'une maladie congénitale, la cardiomyopathie, qui détruit lentement les parois du cœur.

L'attente

Personne ne peut décrire cette pénible attente du receveur d'un organe.

"Tu t'accroches, t'espères, mais, vers la fin, j'avais le goût d'abandonner. Sans mes enfants et ma femme, je n'y serais pas parvenu", avoue-t-il.

Et voilà que, neuf mois plus tard, papa en attente est devenu l'athlète de la maison.

"Ces Jeux mondiaux des greffés sont devenus ma cible. Il faut prouver au monde entier à quel point le don d'organes est important et redonne la vie tout entière aux malades. Nous sommes des survivants et j'ai bien l'intention de mieux profiter de cette autre vie qui m'est offerte", raconte le jeune greffé.

Vivre pleinement

Ainsi, tous les jours, il s'entraîne activement et lancera la Semaine du don d'organes, le 24 avril, en montrant ses exploits de joggeur en compagnie de huit autres greffés devenus des athlètes.

Une véritable leçon de persévérance.

"C'est vrai qu'on ne voit plus la vie de la même façon après avoir passé par une transplantation. Il n'est plus question de tout donner au travail. Plus que jamais je recherche un bon équilibre.

"Mes garçons me regardent fièrement et je veux garder la forme pour les voir grandir. Pas question de gaspiller ce nouveau cœur", affirme Sylvain Bédard.

Trop d'organes se perdent chez-nous

Chaque année, au Québec, on a un potentiel de 250 donneurs. Le gouvernement du Québec vient d'accorder 1,2 million de dollars pour créer une véritable équipe de surveillance des donneurs, car encore trop d'organes se perdent, faute d'organisation dans les hôpitaux.

On sait que les dons d'organes sont de plus en plus difficiles, car les gens vivent plus longtemps et on traite des maladies auparavant mortelles.

Chaque année, le Québec compte 26000 décès; on estime que, avec une surveillance adéquate dans les hôpitaux, on peut atteindre 250 donneurs, l'objectif espéré. Nous ne sommes qu'à 130 donneurs.

Donald Langlais, de Québec Transplant, nous a confirmé, cette semaine, que le ministère de la Santé vient d'accorder un budget d'un million et demi pour créer cette brigade des dons d'organes dans les hôpitaux et imiter ainsi certains pays d'Europe, comme l'Espagne, où une personne est responsable du don d'organes dans chaque établissement.

"Nous avons fait un travail avec le Collège des médecins et, avec l'appui du gouvernement, nous devrions voir des résultats positifs au cours des prochains mois", assure le directeur de Québec Transplant.

Dans certains pays européens, seulement en nommant une personne responsable du don d'organes auprès des familles vivant un décès douloureux, on a augmenté le nombre de greffes de 200%.

Et lorsqu'on voit de belles réussites comme le cas de ce jeune père de famille, Sylvain Bédard, ça vaut sûrement la peine de faire un petit effort.

"Nous sentons que nous sommes sur la bonne voie, de plus en plus d'hôpitaux s'organisent et mettent au point des protocoles de vigilance du don d'organes. L'espoir est grand et les résultats devraient venir dans la prochaine année", estime Québec Transplant.

Par: Michèle Coudé-Lord

Le Journal de Québec 15 avril 2001




LA PLUS JEUNE GREFFÉE DU PAYS

Sauvée par un nouveau foie.

Âgée de quatre semaines seulement, le 25 août, à 1'hôpital Sainte-Justine, bébé Éliane a reçu le foie réduit d'un enfant de sept ans, mort d'un accident d'auto. Elle est devenue la plus jeune grefFée du foie au Canada et l'un des rares bébés dans le monde à subir une telle chirurgie peu de temps après la naissance.


Le don d'organes provenait d'une autre province canadienne. L'équipe de la greffe du foie de l'hôpital Sainte-Justine, dirigée par le Dr Fernando Alvarez, les chirurgiens le Dr Michel L'Allier et le Dr Dickens Saint-Vil, aura réussi une grande première. Jusque-là, le plus jeune greffé du foie de Sainte-Justine était un bébé de cinq mois.

Dans le monde, la petite Éliane Hogue, de Dollard-des-Ormeaux, est un cas très rare. A peine cinq greffes du foie ont été tentées chez des bébés d'un mois et c'est une réussite. Le 21 octobre, bébé Éliane fêtera ses trois mois.

Une naissance

Louise Ménard et Ronald Hogue parlent amoureusement de "leur petit ange".

"Après une grossesse normale, raconte la maman de 36 ans, le 21 juillet, je donnais naissance à mon premier enfant."

La petite Éliane pèse six livres et présente une jaunisse comme souvent c'est le cas chez plusieurs nouveau-nés.

"Deux semaines plus tard toutefois, la jaunisse ne disparaît pas et je remarque que les pipis de mon bébé sont foncés. Mon pédiatre me dirige immédiatement vers Sainte-Justine. Une batterie de tests confirme alors le pire : notre bébé est très malade. Son foie est complètement cicatrisé. Elle souffre d'une cirrhose."

Tout problème génétique ayant été écarté, les médecins concluent à un cas très rare d'infection.

"Au dernier mois de ma grossesse, j'ai souffert d'un virus, une petite grippe intestinale. Ce virus dans mes selles pourrait avoir infecté le foie de mon bébé. C'était le foie ou le cerveau", explique la maman.

Une greffe

Seule la greffe peut sauver la vie de leur bébé. Chez un bébé de quelques semaines, les chances de survie sont de l'ordre de 30 %.

"Les médecins ont contacté des collègues dans le monde entier. On ne voulait pas d'acharnement thérapeutique, mais l'équipe extraordinaire de Sainte-Justine se sentait apte à réussir le miracle. Ils ont été formidables, tant le personnel médical qu'infirmier. Ce fut un travail d'équipe avec nous", assure Louise Ménard.

Il n'y a eu aucun rejet, le foie était parfaitement compatible.

~ "Depuis le début de ma grossesse, je l'appelais "mon ange". Je sais, aujourd'hui, pourquoi. Un destin très spécial l'attendait", conclut Louise Ménard en serrant très fort contre elle son petit miracle.

Adapter le foie d'un enfant de sept ans à un bébé naissant

La technique du foie réduit est très récente. Sans cette expertise au Québec, la petite Éliane ne pouvait pas avoir accès à cette seconde chance.


D'abord, il faut un don d'organes. "Lorsque nous avons vu passer une petite glacière, dans le corridor, contenant son nouveau foie. J'ai dit à mon mari, voici la vie de notre bébé", confie, émue, Louise Ménard. Elle dit qu'elle sera reconnaissante toute sa vie aux parents de cet enfant mort.

La greffe a duré dix heures. Après quelques semaines aux soins intensifs, deux chirurgies pour corriger de petites infections, Eliane sortait de l'hôpital dans les bras de ses parents comblés, il y a deux semaines.

À cet âge, les petits vaisseaux du bébé compliquent le travail des chirurgiens et augmentent les risques de thromboses.

La technique du foie réduit permet d'adapter le foie d'un enfant de sept ans pour un bébé de quatre semaines.

"Durant sa première année de vie, ma petite devra prendre 17 fois par jour au moins sept médicaments différents. Par la suite, elle ne gardera que la cyclosporine et aura une vie tout à fait normale."

Éliane aura une belle vie. C'est une batailleuse. Elle a déjà célébré sa première grande victoire sur la vie", conclut Louise Ménard. .

Le Journal de Québec / le Samedi 21 Octobre 2000




ELLE ACCOUCHE CINQ ANS APRÈS AVOIR SUBI UNE GREFFE CARDIAQUE.

Dans la nuit, du 24 janvier à 2 h 27, le petit Julien a poussé ses premiers cris, dans une chambre de l'hôpital Sainte-Justine. Sans le savoir, il venait d'écrire une page d'histoire. Sa mère, Julie, est la première jeune greffée du coeur à donner la vie, au Québec. On devait provoquer son accouchement demain, mais le petit Julien était trop pressé de faire son entrée dans ce monde. Il naissait neuf heures plus tard. Le petit Julien, pesant cinq livres et onze onces, est en excellente santé et ne présente pas de risques plus grands d'être atteint de malformation cardiaque.(Journal de Montréal le 25-01-1999)





«JE VEUX ÊTRE UTILE APRÈS MA MORT»

Extrait du KONTAKBLAD no 167, traduit dans Bruxelle, avril, No 15

Sur un jeune de vingt-et-un ans, mort dans un accident de voiture, on a trouvé le texte suivant:

«Je veux être utile après ma mort. Si un jour un médecin constate que mon cerveau ne fonctionne plus, que ma vie s'est bien arrêtée, laissez prélever de mon corps tout ce qui pourra en aider d'autres à mener une vie pleine.
Donnez la lumière de mes yeux à celui qui n'a jamais vu un lever de soleil, ni le visage d'un bébé.
Donnez mon coeur à quelqu'un dont le coeur ne lui a jamais procuré que des heures d'angoise.
Donnez mes reins à ceux dont la vie dépend, jour après jour, d'un rein artificiel.
Prenez mes os, mes muscles, et trouvez le moyen de faire courir un jour un enfant invalide.
Fouillez mon cerveau, prenez mes neurones pour qu'un jour un gamin puisse crier de joie après avoir marqué un but et qu'une petite sourde puisse entendre le bruit de la pluie sur sa fenêtre.
Brûlez ce qui restera de moi et jetez les cendres pour aider des fleurs à s'épanouir.
Si vous voulez absolument enterrer quelque chose, prenez mes fautes et mes faiblesses, donnez-les au diable, et mon âme à Dieu.
Si vous éprouvez le besoin de vous souvenir de moi, faites-le par un geste amical ou une parole bienveillante envers quelqu'un qui attend cela de vous.
Si vous faites tout ce que je vous ai demandé, alors je vivrai pour toujours.»





IL RENCONTRE CELUI QUI PORTE SON COEUR!

Article tiré du journal de Montréal du 08-04-1998

«Nous sommes des frères de coeur» nous confiaient hier, émus, MM. René Jomphe 69 ans, de Havre-St-Pierre, et John Dempsey un Acadien du Nouveau Brunswick, en se serrant très fort. Il y a six ans, soit le 23 mai 1992, René Jomphe recevait le coeur de John Dempsey. Ce n'est pas possible, me direz-vous, faire don de son coeur de son vivant! Or voici l'histoire invraisemblable qui rend hommage aux grandes réalisations de la médecine d'aujourd'hui. Mai 1992, nos deux hommes sont hospitalisés au Royal Victoria; M. Jomphe attend un nouveau coeur qui pourrait lui sauver la vie. Dans la chambre voisine, John Dempsey, à peine âgé de 42 ans, attend de nouveaux poumons, victime de l'hypertension pulmonaire. Ses jours sont comptés. Or un homme de 32 ans meurt à la suite d'accident d'auto. Sa famille fait un don d'organe, d'un coeur et d'un poumon. Le chirurgien annonce alors à M. Dempsey que dans son cas, il serait préférable de lui transplanter un nouveau coeur et un nouveau poumon pour limiter les rejets. «Que faites vous de votre coeur? Le mettez-vous sur une tablette?» m'a demandé sur-le-champ mon chirurgien raconte M. Dempsey. «J'ai ressenti une très grande fierté à donner mon coeur. C'est le plus beau cadeau. Je redonnais la vie à mon tour», nous dit M. Dempsey, la larme à l'oeil. Et son coeur c'est René Jomphe, son voisin de chambre qui la reçu. Quelques jours après leur greffe respective, le frère de John Dempsey annonce à René Jomphe ceci: «Vous avez le coeur de mon frère...»Les deux hommes se sont alors rencontrés et depuis, ils se disent à jamais des frères de coeur. Hier, les deux hommes renouaient pour la première fois depuis leur renaissance. Ils s'appellent chaque mois, mais n'avaient pas eu la chance de se revoir, vivant dans des régions éloignées. «Comment va mon coeur?», a demandé John à René...«Il vit comme jamais et bat de plus belle», a rétorqué René Jomphe, qui dit avoir rajeuni de 20 ans! On a l'âge de son coeur, n'est-ce pas?





RAPPORT FÉDÉRAL SUR LE DON ET LA TRANSPLANTATION D'ORGANES ET DE TISSUS

Le don d'organes au Canada

Le nombre de transplantations d'organes faites au Canada en 1998 a été: rein 991; coeur,154; poumons,75; coeur/poumons, 7; pancréas,9; pancréas-rein, 33; et intestin,2. Le nonbre d'établissements d'organes au Canada est de 28. La majorité des greffes d'organes sont effectuées au Québec (11 hôpitaux) et en Ontario (8 hôpitaux). La greffe d'intestin, toujours considérée expérimentale, est pratiquée seulement à Toronto.

Les Donneurs vivants

L'organe le plus souvent greffé est le rein. Un tiers du nombre de dons de cet organe bilatéral (en nombre pair) provient de donneurs vivants apparentés. Le don d'une partie d'organe, qui consiste à prélever une partie d'un organe, est généralement fait par un proche. C'est surtout le cas pour la greffe de foie, mais des recherches indiquent que la greffe partielle de poumons, de pancréas et de petits intestins serait possible. Il existe aussi les dons d'organes en domino, par exemple, celui d'un greffé coeur-poumons(maladie pulmonaire) qui ferait don de son prope coeur.

Le don de tissus

Les tissus les plus souvent greffés sont le sang, la peau, la cornée, le sperme et la moelle osseuse(source de cellules souches. Les tissus exigent un moins grand apport sanguin que les organes, de sorte que les tissus sont plus faciles à conserver, à congeler et à entreposer. Autres tissus greffés: les valvules cardiaques, les veines, les tendons, les nerfs, les os, et les îlots pancréatiques.

Les dons d'organes: un acte volontaire

Le rapport a souligné que le système actuel de déclaration volontaire des donneurs est approprié et le consentement du plus proche parent sera requis. Mais, les familles méritent une reconnaissance nationale tangible pour le don rendu possible et les vies sauvées ou améliorées grâce à leur générosité.

Mort célébrale

Le rapport s'est penché sur les critères de la mort célébrale surtout avec les reportages dans les journaux concernant les diagnostics mal faits. La mort célébrale a été définie pour le comité comme la perte de conscience irréversible conjuguée à la perte totale des fonctions du cervelet, y compris la capacité de respirer. Les critères établis ont été conçus de façon que tout médecin puisse faire le diagnostic en toute confiance.(Le Greffon Édition été 1999 Vol. 4 no. 2)





UNE PREMIÈRE À SAINTE-JUSTINE

À deux ans d'intervalle, la soeur et le frère ont subi avec succès une greffe cardiaque.
Quel miracle de la vie, que celui-ci ! Deux enfants d'une même famille, la soeur et le frère, à deux années d'intervalle, ont eu besoin d'un nouveau coeur. Un fait si rare que l'équipe médicale de Sainte-Justine n'en revient pas encore.

Sylvie Héroux est la mère de ces deux héros ; Véronique, 11 ans, qui a subi sa greffe cardiaque le 22 octobre 1997 à l'âge de neuf ans, et son frère Jonathan qui, aussi à neuf ans, a reçu son coeur tout neuf. Il fut greffé le 14 septembre.

Véronique a attendu 29 jours le don de son coeur et son frère seulement 7 jours. Quelle chance !

Mercredi soir, la famille fêtait la sortie de l'hôpital de Jonathan. Les deux enfants miraculés se portent très bien.

La greffe cardiaque est une épreuve douloureuse pour une famille, imaginez lorsqu'on doit l'affronter deux fois !

« Il faut croire très fort en la vie et ne jamais perdre espoir. Jamais », confie la maman, un petit bout de femme pas ordinaire qui croit pour toujours aux miracles.

Un fait très rare

Le Dr Suzanne Vobecky, chirurgienne cardiaque à Sainte-Justine, explique que les deux enfants ont subi au même âge, neuf ans, une myocardite, un virus qui s'attaque au coeur et le détruit.

« Parfois les médicaments suffisent pour freiner le mal mais, dans le cas de Jonathan et Véronique, seule la greffe cardiaque pouvait les sauver.

« C'est la première fois à Sainte-Justine que deux enfants d'une même famille ont besoin d'un nouveau coeur. Nous ne savons pas pourquoi, à l'âge de neuf ans, ces deux petits ont développé le même mal. Nous n'avons encore aucune explication et ce n'est pas une maladie congénitale », ajoute la chirurgienne.

« Lorsqu'en mars dernier, Jonathan s'est mis à faiblir lorsqu'il courait et à vomir, je me suis dit... mon Dieu, il a le même mal que sa soeur », raconte la mère.

À Sainte-Justine, les infirmières disaient souvent à Sylvie : « On ne souhaite même pas cela à notre pire ennemi, l'épreuve de deux greffes cardiaques. »
Pourquoi moi ?

« Bien sûr qu'on se pose la question : pourquoi moi ? Mais un parent se dit alors, si moi je m'écrase, tout s'écroulera. Et on décide de se battre. Véronique disait à son frère : tu vas l'avoir ton nouveau coeur, Jonathan, car moi j'ai eu le mien », raconte Sylvie, émue.

En regardant aujourd'hui ses deux enfants dont le coeur bat à nouveau, Sylvie Héroux ne peut s'empêcher de penser à ces parents courageux qui ont accepté de faire un don d'organes, à la mort de leur enfant.

« Leur geste a redonné vie à mes enfants. Mais Jonathan et Véronique savent qu'ils ont reçu le plus beau des cadeaux et que ce coeur est à eux maintenant, pour toujours.

« Heureusement, toutefois, que je n'ai pas un troisième enfant. J'aurais tellement peur que le drame frappe à nouveau à ses neuf ans ! » conclut une maman qui aura assisté deux fois à la naissance de ses deux enfants.
(Journal de Montréal, 29 ontobre 1999)


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